Le conservateur et archéologue français Jean-François Charnier a été inculpé dans le cadre d’une enquête sur les acquisitions par le Louvre Abu Dhabi d’antiquités égyptiennes prétendument pillées.
Charnier est conseiller de l’Agence française pour le développement AlUla, une agence qui développe des projets culturels en Arabie saoudite. Il a été placé en garde à vue en début de semaine pour interrogatoire et a été officiellement mis en examen jeudi pour « blanchiment en facilitant la fausse justification de l’origine des biens de l’auteur d’un crime ou d’un délit », indique le média français. Le Monde signalé pour la première fois.
Charnier est actuellement sous contrôle judiciaire, selon le rapport. Noémi Daucé, conservatrice au Louvre et experte du patrimoine culturel, a également été interpellée lundi par les autorités pour interrogatoire. Il a été libéré mercredi sans inculpation.
Les deux chercheurs ont participé à l’acquisition d’artefacts anciens par le Louvre Abu Dhabi alors qu’ils travaillaient à l’Agence France-Muséums (AFM), une société de conseil privée engagée pour examiner les registres de provenance des artefacts envisagés pour la collection du musée émirati avant son ouverture en 2017. .
Les deux experts ont travaillé avec Jean-Luc Martinez, l’ancien directeur du Louvre, alors qu’il a été président du comité scientifique de l’agence entre 2013 et 2021, parallèlement à son mandat au musée parisien. Martinez a coprésidé le comité qui a approuvé les acquisitions du Louvre Abu Dhabi. Il a démissionné de son poste au musée en 2021.
En mai, Martinez a été inculpé dans le cadre de l’enquête pour « complicité de fraude et de blanchiment de gangs ». Les accusations portées contre Martinez découlent de son prétendu manquement à tenir compte des préoccupations concernant les problèmes de provenance soulevés par un autre archéologue. En juin, le gouvernement français a suspendu Martinez de son rôle d’ambassadeur culturel à la suite de l’annonce des accusations. (Martinez a nié tout acte répréhensible.)
Selon un rapport publié par l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels, les autorités ont constaté que tout en travaillant sur l’initiative d’acquisition dans le cadre de l’AFM, Charnier, Daucé et Martinez ont ignoré les avertissements d’experts extérieurs concernant les écarts de provenance, se concentrant plutôt sur la promotion de bonnes relations avec le UAE, qui a noué en 2007 un accord conjoint avec l’institution parisienne afin de licencier le nom du Louvre jusqu’en 2037.

